Mettre un frein à la hausse des coûts

Depuis de nombreuses années, les coûts de la santé ne cessent de croître en Suisse. Les « freins » institutionnalisés à la dépense, dotés d’objectifs contraignants, sont des outils capables d’infléchir cette évolution. Deux types de modèles sont envisageables, expliquent les spécialistes d’INFRAS, Thomas von Stokar et Anna Vettori, ainsi que Tilman Slembeck de l’Université de Saint-Gall, dans un article publié dans le périodique im dialog (3/2018) de CSS Assurance : le « pilotage budgétaire » et le « pilotage tarifaire ». Le « pilotage budgétaire » prévoit l’attribution d’un budget maximal des coûts aux prestataires, par exemple les hôpitaux. Si l’efficacité d’un tel modèle est indéniable, sa mise en pratique se complique : le risque de resquillage implique la nécessité d’établir des budgets de coûts pour les prestataires jusqu’à la dernière unité organisationnelle hiérarchique (cabinet médical, soins à domicile, etc.). Le « pilotage tarifaire » évite cet inconvénient ; il agit par adaptation des prix et son impact sur le système de santé est ainsi nettement moindre. Ce deuxième modèle, s’il veut atteindre les objectifs visés en matière de coûts, nécessite des interventions au niveau de l’offre (p. ex. octroi de l’autorisation de pratique) ou encore pour gérer la problématique de l’aléa moral des patientes et des patients.


Un pilotage budgétaire ou tarifaire pour freiner la hausse des coûts du système des santé suisse. (Photo : Keystone)
Un pilotage budgétaire ou tarifaire pour freiner la hausse des coûts du système des santé suisse. (Photo : Keystone)